Nine Inch Nails est le projet d'un seul homme, Trent Reznor,
informaticien de formation et ingénieur du son, fondateur et seul
membre permanent de la formation créée en 1988 à Cleveland. Si
Cleveland est une cité industrielle de l’Ohio, on qualifie
également en général le style musical développé par NIN
d'industriel, ou indus. Dans cette famille, il s'agit de réaliser
des expérimentations sonores en utilisant des sons non
conventionnels. Si les premiers groupes indus avaient recours à des
bruits de casserole ou de moteur, à partir du milieu des années 80
ces sons seront systématiquement triturés et régurgités par
l'intermédiaire de l'informatique. Certaines formations en feront un
usage radical et n'auront que peu avoir avec le rock'n'roll circus. Trent
Reznor trouvera lui le savant dosage et vendra plus de 20 millions
d'albums, dont 5 millions de son deuxième opus, The Downward Spiral,
paru en 1994.
Trent Reznor dans son home studio high-tech
Si le premier album de
Nine Inch Nails, Pretty Hate Machine (1993) était prometteur par
de nombreux aspects, il pêchait en revanche par son côté trop
synthétique. Reznor change alors de cap et trouve tout de suite la bonne alchimie.
L'EP Broken sorti fin 1993 fait office de ballon d'essai: c'est un succès critique et commercial. Dès lors, l'album suivant était attendu comme le
messie dans tout l'underground américain: il convaincra bien au-delà
et rentrera directement numéro 2 au Billboard. The Downward
Spiral est un album brillant et profondément original, qui
compte une bonne demi-douzaine de chefs d’œuvre. Malgré (ou
grâce ?) à une esthétique sado-maso largement assumée
ainsi que de nombreuses provocations anti-establishment, NIN devient
un phénomène mainstream et les teenagers se passionnent pour
« March of the Pigs », Closer » ou « Hurt »,
morceau repris plus tard par Johnny Cash.

« Eraser »
est un morceau brillant à tout point de vue. L’intro nous donne à
entendre le son d’un souffle répétitif à l’intérieur d’une
sorte de flûte de laquelle ne sort aucune note de musique, ce qui
contribue à créer une atmosphère particulièrement suffocante. Le
morceau se développe ensuite autour d’une trame mélodique
typiquement indus: martiale et ample. Quant au chant, il évolue d'un
ton de comptine pour enfant à celui de BO d'un film d'horreur. Une
expérience intense et un morceau emblématique pour un style musical
toujours très largement underground qui ne refait surface commercialement qu'au maximum une fois par décennie.
Retrouvez NIN en concert
en France en mai et juin 2014. Attention, le concert du 29 mai au Zénith de Paris est déjà sold-out.